mardi, août 9, 2022

Toulon célèbre Félix Mayol à la Galerie des musées, mais savez-vous qui était celui qui a donné son nom au stade ?

A l’occasion de l’exposition sur Félix Mayol à la Galerie des musées, retour sur la vie du Toulonnais, star des cafés-concerts au début du XXe siècle et qui a donné son nom au fameux stade de la ville.

Dans le Paris et la France du début du XXe siècle, avant que la Grande guerre, et ses millions de mort, ternissent l’ambiance générale, le Toulonnais Félix Mayol faisait la joie du monde du spectacle parisien. 

Durant cette période, appelée la Belle Epoque, sa houpette, si caractéristique du personnage, se trimbalait de spectacles en spectacles, et entraînait avec elle un succès retentissant.  

#Toulon célèbre Mayol – 1941 – 2021?
Avant d’être l’un des plus grands bienfaiteurs de Toulon, sa ville natale, en offrant au @RCTofficiel son stade, Félix Mayol était également la plus grande vedette de la chanson française au début du XXe siècle pic.twitter.com/GNrHBytIWk

— Ville de Toulon (@VilleDeToulon) July 28, 2021

Mais avant de devenir une vedette de la chanson française, Félix Mayol fut un enfant puis un adolescent toulonnais, né en 1872, d’un père canonnier sur les navires et d’une mère modiste qui fabriquait des chapeaux.

Ses deux parents comédiens amateurs, Mayol fut en quelque sort un enfant de la balle, à l’aise très rapidement pour pousser la chansonnette. Alors il décida qu’il en vivra, plus tard, quand il sera grand. Lorsqu’il est âgé de 10 ou 12 ans, ses parents décèdent et le laissent aux mains d’un oncle beaucoup moins sensible à la chose artistique et aux spectacles.

Tant pis pour lui. A 18 ans, il commence à chasser le cachet dans toute la France grâce à sa voix, d’abord emprunte d’un accent du Sud, comment pourrait-il en être autrement pour ce minot du Var ? 

« Pendant trois ans, il fait le tour de la France et souhaite se débarrasser de son accent provençal, avant d’arriver à Paris en 1895 »

Luc Benito, à l’origine de l’exposition Mayol à Toulon et auteur de Félix et moi, un documentaire sur l’artiste qui sortira prochainement. 

Et, par la féroce volonté du destin, c’est le jour de son arrivée à Paris, le 1er mai 1895, qu’il commence à dérouler le fil qui le relie au club de rugby de sa ville natale. Ce jour-là, une amie lui remet du muguet, conformément à la tradition, et le soir-même, la plante accrochée à la boutonnière, Félix décroche un contrat de trois ans dans une troupe du Concert parisien, une petite scène située dans le 10e arrondissement.

Désormais, c’est donc comme cela qu’il se produira, un choix guidé par un savant mélange de superstitions et de marketing. Avec sa houpette et sa plante, Félix Mayol est volontairement reconnaissable et caricaturable par les spectateurs et les journalistes de l’époque. Malin.

Et quand, après la guerre, revenu à Toulon, Mayol acceptera de financer un stade pour les rugbymen locaux, le club nommera le stade à son nom et dessinera l’emblème à son image, c’est-à-dire ornée d’un bouquet de muguet. 

Félix Mayol, photo non datée.

© Luc Benito

Les Années folles le ringardisent

En attendant, Félix a une carrière à construire et quitte en 1900 le Concert parisien, la salle où il a débuté pour rejoindre La Scala, la plus importante du Paris d’alors. Sa carrière finit par exploser en 1902 avec son titre le plus connu, Viens Poupoule (1932), qui le consacre comme « la plus grande vedette du moment », selon Luc Benito.

L’air du titre, que chacun peut reprendre de l’aveu de Mayol, le rend populaire et son chanteur avec lui. 

Suivront d’autres succès comme Les mains des femmes.

A la ville, c’est pourtant les hommes qu’il préfère : « il était homosexuel, il ne le cachait pas à son entourage mais ne l’a pas révélé au public. Son orientation sexuelle lui vaudra de nombreuses railleries de la part de presse à scandale de l’époque », explique le fin connaisseur de Mayol.

Malgré les moqueries, Mayol grimpe les marches de la gloire. Comme un symbole, en 1910, l’artiste rachète le théâtre de ses débuts, le Concert parisien, qu’il renomme en Concert Mayol et fait monter des nouveaux artistes. Le succès est total. 

Si, réformé, il ne prend pas part aux combats de la Première Guerre mondiale, Félix Mayol sillonne la France pour soutenir les troupes. Ce qui semble marcher au regard des nombreux mots laissés par les soldats et officiers sur son carnet de route, visible à l’exposition. Les poilus sont ravis de voir la vedette mouiller le maillot et lui continue à faire ce qu’il aime, chanter.

Nouvelle époque…

Après la guerre, la nouvelle époque qui débute, celle du music-hall et des Années folles n’est plus la sienne. Le Toulonnais est ringardisé par les artistes dont il a participé à l’éclosion, comme Maurice Chevalier, avec qui il sera ami.

Félix Mayol en 1905

© Luc Benito

Le chanteur au muguet retourne dans sa ville natale en 1918 et commence, dès 1930, des tournées d’adieux qu’il mène à bien chaque année. Aussi, il monte à Toulon un théâtre à ciel ouvert dans l’une de ses vingt villas où viennent se produire chaque été des artistes en vogue. 

Interview de Félix Mayol

C’est en octobre 1941 qu’il tirera définitivement sa dernière révérence, après un AVC en 1938 qui l’avait laissé paralysé des deux jambes.

Cette année, cela fait 80 ans que Félix Mayol est mort. L’association toulonnaise Filmharmonia lui consacre plusieurs événements tout au long de l’année : une exposition, déjà visible, un spectacle à l’opéra en novembre, un film documentaire réalisé par Luc Benito en décembre, un concert hommage et une édition discographique. 

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