mercredi, août 17, 2022

Shohei Imamura, un cinéaste obsédé par le désir

Le réalisateur Paulo Rocha dit de lui qu’il “est Renoir plus Rabelais, la tête et les tripes”. Retour sur l’œuvre de ce fer de lance de la nouvelle vague japonaise.

“Désir meurtrier” (1964)
Les pulsions sexuelles sont au cœur du cinéma d’Imamura. En atteste la récurrence du mot « désir » dans ses titres, et ce, dès son premier long métrage, Désirs volés (1958), où une troupe de théâtre kabuki doit commencer sa représentation par un numéro de strip-tease pour attirer les spectateurs… Désir meurtrier, lui, anticipe d’un demi-siècle Elle, de Paul Verhoeven, avec son héroïne violée qui affirme son pouvoir en entamant une relation adultérine avec son agresseur. À sujet scandaleux, mise en scène inventive, avec un mélange détonnant de stylisation (les arrêts sur image) et de techniques documentaires.

« Profond Désir des dieux » (1968) narre la vie singulière d’une communauté insulaire.

Nikkatsu Entertainment / Collection Prod DB / DR

“Profond Désir des dieux” (1968)
Cette nouvelle histoire de désir plus ou moins contrarié est une fable truculente mais dérangeante sur une communauté insulaire aux mœurs archaïques (inceste inclus…). À travers la relation entre un ingénieur de Tokyo et une jeune nymphomane, Imamura montre
comment ce Japon primitif, en lien avec la nature, est peu à peu rattrapé et aseptisé par
la modernité triomphante de la civilisation. Un récit et une mise en scène à mi-chemin entre l’enquête ethnographique et le conte, avec un travail sidérant sur la couleur.

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