vendredi, août 19, 2022

Quand la mémoire du Festival d’Avignon se rembobine

Tous les spectacles sont captés pour ensuite être déposés aux archives de la Bibliothèque nationale de France. Mustapha, ingénieur du son du Festival depuis vingt ans, et Jérôme, réalisateur, nous embarquent à leurs côtés pour saisir le direct, l’imprévu et le plaisir de la scène.

En haut des gradins, Mustapha a les yeux rivés sur la mixette posée sur ses genoux. Il la tripote, un casque sur les oreilles. Comme un reporter sur le bord d’un terrain de foot, il enregistre le son en direct. Et s’appuie sur un atout : il mixe tout en direct. « L’expérience », sourit Mustapha, qui capte le son du Festival depuis plus de vingt ans. Ici, un tel talent est précieux. Avec Jérôme, le réalisateur, ils ont vingt-quatre heures pour monter un résumé de trois minutes qui sera libre de droits sur le site du Festival.

Ce soir, il s’agit de la générale publique de Liberté, j’aurai habité ton rêve jusqu’au dernier soir, un hommage à la figure de l’anticolonialisme Frantz Fanon, et dont l’intellectuel sénégalais Felwine Sarr est tête d’affiche. Mais c’est aussi pour l’éternité qu’ils enregistrent : depuis 1998, les spectacles sont systématiquement captés pour être envoyés à la Bibliothèque nationale de France (BNF).

Tournage de La Cerisaie, de Tiago Rodrigues, dans la cour intérieure de la Collection Lambert.

Christophe Raynaud de Lage

Ce soir, on est loin de la légendaire Cour d’honneur et de ses presque deux mille places, où Jérôme et Mustapha ont capté La Cerisaie de Tiago Rodrigues, il y a quelques jours. Mais la cour intérieure de la Collection Lambert en garde l’un des redoutables attributs : le plein air, qui, souvent à Avignon, signifie le mistral. Mustapha se souviendra toujours de cette nuit de juillet 1998 où il enregistrait Œdipe le tyran, de Jean-Louis Martinelli, au palais des Papes. « Les bourrasques étaient si fortes que la bande s’est retrouvée avec des ‘On est en finale’ venant de la rue », se souvient l’ingénieur du son, qui a aussi la délicatesse d’ôter du montage le bruit des déçus quittant la Cour d’honneur avec fracas et injures. Mais l’extérieur, c’est aussi la nuit : la représentation sur Frantz Fanon s’achèvera à 22 heures. Jérôme va donc composer avec le crépuscule, et ouvrir à mesure le diaphragme de sa caméra pour attraper de plus en plus de lumière.

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