lundi, août 8, 2022

Les femmes cinéastes trustent les récompenses à Cannes, et c’est mérité

L’HUMEUR DU JOUR – La Palme d’or pour Julia Ducournau, mais aussi la Caméra d’or pour Antoneta Alamat Kusijanovic, le grand Prix d’Un certain regard pour Kira Kovalenko… Les femmes ont triomphé cette année à Cannes. Il était temps !

L’attribution de la Palme d’or à Julia Ducournau pour Titane, samedi 17 juillet, a quelque peu éclipsé les autres récompenses décernées à l’issue de la 74e édition du Festival de Cannes. Dommage car, là aussi, ce sont surtout les femmes cinéastes qui ont été primées. La Croate Antoneta Alamat Kusijanovic a reçu la Caméra d’or, qui récompense le meilleur premier long métrage toutes sections confondues, pour Murina, qui était présenté à la Quinzaine des réalisateurs. La Palme d’or du court métrage a distingué la Chinoise Tang Yi (Tous les corbeaux du monde), avec une mention spéciale pour la Brésilienne Jasmin Tenucci (Le Ciel du mois d’août). L’Œil d’or, le prix du meilleur documentaire, a été remis à l’Indienne Payal Kapadia pour Toute une nuit sans savoir (également sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs). Et quatre des six prix décernés par le jury de la section Un certain regard, dont le plus important, ont distingué des films de réalisatrices – Les Poings desserrés, de la Russe Kira Kovalenko, Bonne Mère, de la Française Hafsia Herzi, La Civil, de la Roumaine Teodora Ana Mihai, et Noche de fuego, de la Salvadorienne Tatiana Huezo.

Hafsia Herzi, Prix d’ensemble pour son film Bonne Mère à Un certain regard.

Jerome Bonnet pour Télérama

Des mauvaises langues un brin machistes avancent que les lauréates auraient bénéficié d’un « effet sororité », conséquence de la présence de femmes à la tête des jurés concernés – Mélanie Thierry présidait le jury de la Caméra d’or et la réalisatrice britannique Andrea Arnold, celui d’Un certain regard. On leur répondra que la plupart des longs métrages primés ont reçu un bon accueil critique. Que, dans la mesure où de plus en plus de films réalisés par des femmes sont sélectionnés dans les sections parallèles (jusqu’à atteindre la parité ou presque cette année), il est logique que ces dernières reçoivent davantage de récompenses qu’il y a cinq ans. Et que, enfin, pour en revenir à la Palme d’or, ce serait Spike Lee qui, selon nos informations, aurait fait pencher la balance en faveur de Julia Ducournau. Autrement dit, il est permis de penser que les femmes cinéastes récompensées à Cannes ont été d’abord été jugées pour la qualité de leur création. En tant que cinéastes donc, et pas (ou pas seulement) en tant que femmes.

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