vendredi, août 19, 2022

Les Alpes menacées par un trop-plein de touristes ?

Privé de ses randonneurs habituels par la crise sanitaire, le Mont-Blanc a vu ses sentiers se remplir de touristes peu expérimentés et parfois peu soucieux de l’environnement. Un bouleversement parmi d’autres, menaçant un milieu à l’équilibre fragile. Reportage sur les hauteurs de Chamonix.

On ne va pas se mentir, en arrivant au refuge du Fioux (1 505 mètres d’altitude), chez Catherine et Serge, au-dessus des Houches et de Saint-Gervais, on en avait plein les bottes. Il était près de 17 heures et on avait quitté le refuge de la Boërne (1 395 mètres), à une dizaine de kilomètres de là, sur les coups de 8 heures. Six cents mètres de dénivelé positif et 1 000 mètres de descente, ce tout petit bout de Tour du Mont-Blanc (TMB), du côté de Chamonix, nous laissait les cuisses en feu. On avait juste envie d’une bière, et d’un lit : « Détendez-vous, a dit Catherine en nous accueillant dans son charmant refuge de vingt-quatre places. Ce soir, vous ne serez pas ennuyé par les ronfleurs : vous êtes seul. »

Le refuge du lac Blanc, au-dessus de la vallée de Chamonix. 

Olivier Metzger pour Télérama

Seul sur le TMB, qui accueille chaque année des milliers de randonneurs ? « Un groupe d’Anglais avait réservé, reprend Catherine, mais avec les nouvelles directives du gouvernement britannique, ils ont annulé. » Ainsi va le Tour du Mont-Blanc, l’une des plus belles randonnées des Alpes : 170 kilomètres autour du sommet de l’Europe, entre huit et dix jours de marche, étalés sur trois pays — la France, l’Italie et la Suisse. Ainsi vont, surtout, les réservations dans les refuges par temps de Covid. « On a vécu une situation bizarre, confiait la veille Julien, le gérant de l’auberge La Boërne. L’essence même du refuge, au-delà de sa fonction d’abri de montagne, c’est de permettre aux randonneurs de faire des rencontres, de dîner avec des inconnus venus des quatre coins du monde. Appliquer des règles sanitaires strictes dans un espace où tout est collectif — salle à manger, dortoirs et sanitaires —, ce n’est pas évident. » L’an dernier, le CAF (le Club alpin français) a dressé un protocole adoubé par les maires et les préfets, et reconduit cet été : on ne mélange pas différents groupes de randonneurs dans une même chambre, on ne fournit plus les couvertures (chacun vient avec son sac de couchage), le refuge lave le drap du dessous et la taie d’oreiller tous les jours (non, ce n’est pas le cas en temps normal !), et tout le monde porte le masque… Globalement, les refuges ont été disciplinés, avec quelques entorses ici et là. Globalement, ils ont perdu entre 25 et 30 % de leur chiffre d’affaires…

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