la technologie peut-être sauver le sauvage ?

Pendant deux semaines, l’association Le Hublot, spécialisée dans la création numérique, végétalise le 109 à Nice. Et interpelle les artistes : l’artifice peut-il venir en aide à la nature ? Epineuse ou pas, on fait le PointCult’ sur cette question.

VOIR L’EMISSION POINTCULT’ :

On ne présente plus le 109. Lieu de résidence et de création artistiques niçois installé dans les anciens abattoirs de la ville. Après de longs mois de confinement, l’une des associations qui y ont élu domicile, Le Hublot, spécialisée dans l’art numérique, a eu l’idée de faire à nouveau entrer la vie dans cet ancien lieu de mort.

Comment ? En se posant la question : de quelle manière l’art numérique, artificiel par essence, peut-il venir en aide à une nature malmenée ? C’est tout l’objet du Festival Artifice numérique. Du 19 novembre au 4 décembre, un seul mot d’ordre : végétalisons !

On amène les artistes à se poser des questions sur ce qu’ils pourraient apporter à la nature. On prend le temps de comprendre comment fonctionne une plante, de quoi elle a besoin en eau, en nutriments, en soleil. On s’intéresse à son activité électrique aussi. Nous sommes dans le domaine des technologies et on cherche à capter les signaux que peuvent nous adresser les plantes.

Frédéric Alemany, directeur du Hublot

“Cadavres exquis suspendus”, dans l’installation de Mathieu Schmitt la technologie pousse les cactus à s’exprimer par la poésie…

© Jacqueline Pozzi (FTV)

Parmi les artistes exposés, le Niçois Mathieu Schmitt. Il a installé là ses “Cadavres Exquis suspendus”. Dans sa jardinière, des plantes grasses et des cactus, stimulés électriquement par des électrodes, composent des poèmes en faisant des choix parmi des traductions françaises de haïkus japonais :

Tintements de verres

L’eau de la source

Soleil au zénith.

C’est un petit conseil de plantes. C’est moi qui crée les règles du jeu de ce système électronique, dans lequel elles doivent se mettre d’accord, toutes, pour recomposer des poèmes, pour qu’ils soient imprimés.

Quand la technologie aide les plantes à s’exprimer…

C’est aussi l’axe de recherche de Romina Romay. Cette compositrice de musique, doctorante à l’Université Côte d’Azur, travaille depuis des années à extraire et à orchestrer la “musique des plantes”.

Devant elle, six pots de fleurs, dans lesquels des capteurs ont été plantés. Ils mesurent l’humidité, la température et la conductivité des végétaux. Les sons que l’on entend sont produits par des variations de ces paramètres. Le résultat est étonnant…

Dans cette symphonie les plantes n’expriment pas toutes la même chose.

Elles sont vivantes, je ne peux pas tout contrôler. C’est la vie ! Je fais un mixage où je dépends des plantes… c’est un dialogue.

Romina Romay, compositrice

durée de la vidéo : 34sec

La musique des plantes par Romina Romay

©Jacqueline Pozzi (FTV)

Qu’est-ce qui a poussé cette musicienne à s’intéresser aux plantes ?

J’ai toujours été fascinée par la vie, tous ces flux de vitalité qu’on observe dans la nature : les mouvements de l’eau, les nuages, les végétaux. J’ai trouvé qu’il y avait pour moi un intérêt d’ordre musical. J’ai alors fait tout un parcours de recherches pour savoir comment entendre cette vitalité.

Les plantes sont vivantes, elles réagissent à leur environnement. Je voulais partager mon amour pour la nature à travers mon métier, la musique.

Ce type d’explorations du monde naturel ne font que débuter. Outre la dizaine d’artistes exposés dans la salle de l’Entre-Pont, le festival a organisé un workshop techno-végétal de recherche sur la sensibilité des plantes. Des artistes numériques, mais aussi des agronomes, des amateurs d’écologie se sont retrouvés dans un laboratoire d’expérimentation sur le végétal…

Le Festival Artifice numérique se poursuit jusqu’au 4 décembre avec un programme encore riche d’expériences en tous genres :

  • tous les jours des ateliers de création 3D autour du vivant, avec la modélisation de plantes.
  • samedi 27 novembre, à 19 heures, une conférence autour de la vie des sols, organisée par Le Hublot et une autre Fabrique Numérique de Territoire, Ste-Marthe à Grasse. Et puis à 21 heures, la musique des plantes, la performance de Romina Romay.
  • vendredi 3 décembre, la soirée de clôture avec UNO di NOI  pour un DJs Set.

Surtout, ne manquez pas l’émission PointCult’, ce samedi 27 novembre à 19h15 sur France 3 Côte d’Azur. Réagissez avec #PointCult.

Recent Articles

spot_img

Related Stories

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Stay on op - Ge the daily news in your inbox