vendredi, août 19, 2022

“La poésie peut se trouver partout, le risque, c’est qu’elle ne se trouve nulle part”

Recueils de poésie, récits, essais… Esprit libre, créateur éclectique, le poète et photographe Gérard Macé est l’auteur d’une soixantaine de livres. Ses deux derniers ouvrages “Ici on consulte le destin” et “La Pensée des poètes”, viennent confirmer avec force son amour du mot juste.

Attentif au monde et à ses interrogations, Gérard Macé construit une œuvre éclectique, en esprit libre, n’hésitant pas à s’emparer de sujets aussi différents que les jardins japonais, Sade ou notre désir d’hygiène, pour ne citer que les récents sujets qu’il a abordés. Auteur d’une soixantaine de livres (poésie, littérature, essai), en outre photographe, consacré par le Grand Prix de poésie de l’Académie française en 2008, il est toujours un amoureux du « mot juste ». Et, comme en témoignent ses deux derniers livres, Ici on consulte le destin (éd. Le Bruit du temps) et La Pensée des poètes (éd. Folio essais), un homme « toujours en train de ruminer quelque chose, parce que sinon le monde a moins de présence, la réalité moins de saveur ».

Dans un entretien accordé à la revue Critique en 2019, vous disiez : « Si j’ai entrepris d’écrire, c’est sous l’influence de la poésie contemporaine, quand j’ai découvert ses vertus essentielles de brièveté, de concision. » Ces vertus, les appliquez-vous à tous vos écrits ?
Ah oui, ce qui correspond d’abord à l’amour pour le mot juste. Par « mot juste », j’entends celui qui ne peut être remplacé par aucun autre, qui provoque à la fois une vibration sonore et une irisation du sens. Qui libère et enchante. Libère de l’angoisse, dissipe l’obscurité, ouvre un champ nouveau. Enchante parce qu’il procure une volupté en même temps qu’une satisfaction esthétique. Mais le mot n’est pas la bonne mesure, c’est la phrase qui est essentielle, car elle seule installe un rythme, fait entendre une voix intérieure, et laisse espérer des prolongements. Des prolongements qui ne sont pas de l’ordre du discours logique, de la démonstration. Si la poésie m’a permis d’écrire, et de penser, c’est parce que j’étais mal doué pour la dissertation, ou le bavardage. Or, à partir du moment où le vers n’a plus de définition stable, où la lecture comme la pratique en sont perdues, la concision est une nécessité. Faute de quoi on verse dans la prose, et la différence est d’ailleurs ténue.

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