dimanche, août 7, 2022

La littérature jeunesse n’a pas peur du grand méchant loup

Figure intemporelle de la mythologie, ombre maléfique dans les contes, le loup ne cesse de montrer ses crocs dans les histoires pour enfants. Mais certains, comme Grégoire Solotareff, père du mélancolique “Loulou”, en redessine une image plus sympathique. Une nouvelle vision bienvenue à l’heure où le canidé est une espèce menacée.

« Le loup a tout contre lui ! Il hurle, sort au crépuscule, chasse en meute. Il est intelligent, sait s’adapter. Il paraît donc logique qu’il ne soit pas aimé. » Passionnée par la faune sauvage, la journaliste Emmanuelle Figueras ne ménage pas ses effets pour décrire la répulsion que peut susciter l’animal qui hante l’imaginaire occidental depuis toujours. Cette férue d’éthologie qui a publié une quarantaine de livres documentaires pour la jeunesse, dont deux ouvrages sur les loups aux éditions Milan, n’en démord pas : la détestation des loups est ancienne et pérenne.

Abonné Livres pour enfants : douze albums pour se jeter dans la gueule du loup avec bonheur Marine Landrot, Hélène Rochette 8 minutes à lire

La peur du canidé remonte à l’époque médiévale et aux grandes famines, quand les loups rôdaient aux portes des maisons. Aujourd’hui, alors que l’espèce a été éradiquée dans l’Hexagone avant de réapparaître de manière naturelle dans les années 1990, auteurs et artistes continuent de jouer avec ce thème du prédateur aux crocs insatiables.

« Les conflits entre le loup et l’homme existent depuis des millénaires. Le corps des louvetiers a été créé au XIe siècle sous Charlemagne dans le but d’éliminer les loups, poursuit Emmanuelle Figueras. Cela a parfaitement fonctionné : dans les années 1930, nous ne trouvions plus un seul loup en France… Désormais, même si l’animal est protégé, l’abattage se poursuit. » Dans les écoles, en revanche, l’animal maléfique du Petit Chaperon rouge et des Trois Petits Cochons n’effraie plus autant. « Lors de mes interventions dans les classes, confie encore Emmanuelle Figueras, je me suis aperçue que les élèves de primaire se sont débarrassés de l’image fantasmagorique des contes d’autrefois. En revanche, ils ont toujours une petite appréhension. »

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