mardi, août 9, 2022

La comtesse de Ségur contée de tous côtés sur France Culture

Sophie Rostopchine s’est mise à l’écriture après une dépression. Toute la semaine dans “Les Grandes Traversées”, écrivains et psys façonnent un portrait passionnant de cette pionnière de la littérature jeunesse.

Elle fut, selon le général de Gaulle, l’autrice de « la phrase la plus mélancolique de la littérature française » — « Les vacances étaient tout près de leur fin, les enfants s’aimaient tous de plus en plus. » Sur France Culture, la comtesse de Ségur (1799-1874) est le sujet de cette Grande traversée qui, cinq heures durant, explore ses facettes. Avec une pléiade d’auteurs et de spécialistes (Marie Desplechin, Geneviève Brisac, Francis Marcoin, Marianne Alphant…), on goûte à la nostalgie de se replonger dans Les Petites Filles modèles, Mémoires d’un âne ou Un bon petit diable, avec des évocations personnelles, des sensations restituées, et des extraits lus ou puisés dans l’adaptation des Malheurs de Sophie de Christophe Honoré.

On s’immerge aussi dans le parcours romanesque de Sophie Rostopchine, née à Saint-Pétersbourg, enfant gaie et spontanée à la mère peu aimante et mystique. Son père est un proche du tsar Paul Ier (le parrain de la fillette), et aura l’idée de brûler Moscou — et son propre château — pour décourager les assauts de Napoléon. La famille s’exile en France, où Sophie rencontre ­Eugène de Ségur. Elle fait un mariage décevant, avec un époux rapidement volage qui lui impose une belle-mère odieuse. Laquelle punit à outrance son petit-fils Gaston « en lui pinçant tellement l’oreille qu’elle s’infecte ». La comtesse vit en recluse au château des Nouettes, dans l’Orne, et se met à écrire, une fois quinquagénaire, au sortir d’une dépression. L’entrée en religion de son fils Gaston l’a entraînée vers un catholicisme militant, qui exsude de ses textes. L’écrivaine Chantal Thomas voit une continuité entre Colette, Sade et la comtesse de Ségur : « Un monde avec des interdits, une très forte croyance dans le mal et une sur­excitation perpétuelle à l’idée [d’en franchir la limite]. »

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