mardi, août 9, 2022

Kira Kovalenko, étoile montante du cinéma russe avec “Les Poings desserrés”

UN CERTAIN REGARD — Après avoir été journaliste pour une chaîne locale, elle rencontre Alexandre Soukorov, qui la forme au cinéma pendant cinq ans. Elle décide vite de mettre en pratique ce qu’elle a appris. Pour “Les Poing desserrés”, elle filme l’Ossétie du Nord, région minière marquée par la tragédie de Beslan, et y mêle ses souvenirs d’enfance. Portrait.

Rendez-vous est pris dans un stand en bord de mer qui bat pavillon russe. On y fait la connaissance d’une saisissante jeune femme du Caucase, Kira Kovalenko, rousse au teint de lait, qui signe une des œuvres choc du Festival, Les Poings desserrés. Le film est achevé depuis plus d’un an, Cannes l’avait sélectionné pour son édition avortée de 2020, la cinéaste a préféré attendre pour le montrer au public curieux d’Un certain regard. Elle ne s’est pas trompée, la foule est dense, intensément concentrée, le jour de la projection. Autour d’elle, personne ne sait encore quand, ni comment, son deuxième long métrage sortira dans les salles de son pays. Ni si elle pourra le montrer là où il a été tourné, en Ossétie du nord, où les cités aux airs de ruines sont du même gris que le ciel. La vie, là-bas, tourne en rond comme les voitures folles sur les pistes de terre au pied des immeubles. Pour tuer l’ennui, les mômes balancent des fusées de feu d’artifice qui font des cicatrices sur les murs sales. Les familles se débrouillent et s’embrouillent avec leurs sentiments, leurs peurs et leurs souvenirs. Le drame de la prise d’otages d’un millier d’écoliers à Beslan, en 2004, marque encore les esprits et les chairs. Dans la région voisine de Kabardino-Balkarie, Kira Kovalenko avait 14 ans au moment de la tragédie. C’était l’heure de la rentrée, elle avait peur de retourner à l’école. L’ambiance était lourde, elle l’est restée. Son fief de Naltchik, « ville de la gloire militaire », est de celles dont on ne s’échappe pas facilement. Sa vie était figée. Sans perspective. « Il n’y avait pas un livre chez moi, je n’ai jamais vu de films au cinéma. À la télévision de temps à autre. » Elle faisait du piano, sans grande conviction, de la couture…

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