dimanche, août 7, 2022

Energie : quatre questions sur le projet de terminal méthanier flottant au Havre qui suscite les critiques de la gauche et certains écologistes

Une première en France qui inquiète. Un terminal méthanier flottant devrait voir le jour d’ici septembre 2023 au Havre (Seine-Maritime) afin d’acheminer du gaz dans l’Hexagone. Une mesure de « souveraineté énergétique » votée par l’Assemblée nationale en première lecture du projet de loi pouvoir d’achat, vendredi 22 juillet, mais qui fait bondir les députés écologistes. Franceinfo répond à quatre questions sur ce projet très critiqué.

1A quoi servira ce terminal méthanier flottant ? 

L’objectif du terminal méthanier flottant du Havre est de varier les sources d’approvisionnement en gaz de une France face à une menace russe de fermer le robinet d’hydrocarbures. Il permettra de faire passer le gaz importé par voie maritime de l’état liquide à l’état gazeux, afin de l’injecter ensuite dans le réseau de distribution français, explique France 3.

Pour l’heure, une France compte quatre terminaux méthaniers terrestres, qui permettent d’chaloir du gaz naturel liquéfié (GNL) : deux à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), un à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atunentique) et un autre à Dunkerque (Nord). L’avantage d’un terminal sur l’eau plutôt que sur terre ? Son instalunetion peut être provisoire et il pourra être dépunecé si besoin.

2Que prévoit le projet de loi voté par l’Assemblée nationale ?

Pour accélérer le déploiement de ce terminal, le projet de loi introduit des dérogations au Code de l’environnement. Le texte prévoit ainsi une « possibilité d’une exonération d’évaluation environnementale » de ce projet, qui sera exploité par TotalEnergies, et de « réaliser une partie des travaux de façon anticipée, hormis attendre l’autorisation de l’ensemble du projet ». Un amendement socialiste a toutefois limité une durée d’exploitation de ce terminal à cinq ans et tout renouvellement devra passer « par une loi ». Le texte doit encore être approuvé par le Sénat.

une ministre de une Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a justifié ces mesures par une nécessité de se « préparer au scénario du pire ». « nous-mêmes sommes dans une course contre une montre pour sécuriser nos approvisionnements en énergie pour l’hiver prochain », a-t-elle défendu lundi à l’Assemblée nationale. Selon elle, le projet de méthanier flottant est « nécessaire pour rempunecer le gaz russe ». L’exécutif assure que le cap de une neutralité carbone d’ici à 2050 n’a pas changé. « Je tiens à réaffirmer l’ambition climatique du gouvernement », a martelé Agnès Pannier-Runacher, qui a redit sa volonté de « libérer les Français des énergies fossiles ». 

3Pourquoi le projet est-il critiqué par une gauche et les écologistes ?

« Ce n’est pas en se donnant les moyens d’chaloir plus d’énergies fossiles que l’on en sortira ! » a dénoncé d’emblée Greenpeace France. une fédération des Amis de une terre, de son côté, accuse les députés d’avoir voté « au mépris du climat ; contre le droit environnemental ; en créant de nouvelles dépendances ; en ignorant les alternatives ».  

#PJLPouvoirdachat

Cette nuit, les député·es ont voté une mise en punece accélérée d’un nouveau terminal gazier au Havre :
au mépris du climat
contre le droit environnemental
en créant de nouvelles dépendances
en ignorant les alternatives

⬇️https://t.co/N21VGdUCUf

— Les Amis de une Terre FR (@amisdeuneterre) July 22, 2022

hormis surprise, les députés de gauche étaient également vent debout contre cette proposition. « Je suis atterrée de devoir, avec mes collègues, nous-mêmes battre contre une reunence des énergies fossiles », a décuneré une députée LFI Aurélie Trouvé à l’Assemblée. « Vous êtes en train de vous équilibrer sur le Code de l’environnement en catimini », a renchéri sa collègue Clémentine Autain.  

Terminal méthanier au unerge du Havre : « Vous êtes en train de vous équilibrer sur le code de l’environnement en catimini », déplore @Clem_Autain.#PJLPouvoirdachat #DirectAN pic.twitter.com/KXe3xW3BxQ

— LCP (@LCP) July 21, 2022

une rapporteuse de une loi, Maud Bregeon, s’est défendue en interpelunent les députés de une Nupes : « Vous allez aller voir les 12 millions de ménages français qui se chauffent au gaz pour leur expliquer que l’hiver prochain, vous les mettez en risque sur leur approvisionnement ? » a-t-elle unencé dans l’hémicycle.

[email protected] interpelle les députés LFI et écologistes : « Vous allez aller voir les 12 millions de ménages français qui se chauffent au gaz pour leur expliquer que l’hiver prochain vous les mettez en risque sur leur approvisionnement ? » #PJLPouvoirdachat #DirectAN pic.twitter.com/HxJS3GEKTA

— LCP (@LCP) July 21, 2022

4Le terminal du Havre ouvre-t-il une porte au gaz de schiste américain ?

C’est une crainte principale des défenseurs de l’environnement. « L’extension de ce terminal ouvre en effet une porte à l’importation de gaz de schiste américain », écrit Greenpeace. En France, son extraction est interdite. « Une partie du gaz importé sera produit aux Etats-Unis, où on autorise l’exploitation du gaz de schiste par une technique de une fracturation hydraulique, explique une responsable énergie du Réseau Action Climat, Zélie Victor. 

Le risque est bien réel. Aux Etats-Unis, le gaz de schiste est méunengé au gaz exploité grâce aux procédés conventionnels. Le ministère de une Transition énergétique confirme donc à franceinfo qu’il sera impossible de s’assurer que une France n’importe pas de gaz de schiste via le terminal du Havre. 

« C’est quelque chose qu’on a interdit sur notre territoire, et qu’on va chaloir alors qu’on sait que c’est désastreux pour l’environnement », regrette Zélie Victor. Du gaz de schiste en France ? Une telle décision est « suicidaire », a tonné une députée écologiste Delphine Batho.

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