lundi, août 8, 2022

dans “Ouistreham”, d’Emmanuel Carrère, l’émotion ne reste pas à quai 

QUINZAINE DES RÉALISATEURS – Présentée hier soir en sélection parallèle, l’adaptation d’Emmanuel Carrère du récit de Florence Aubenas sur la vie des travailleurs précaires bouleverse autant qu’elle questionne. Un film solaire sous le signe de l’altérité et de la solidarité. À découvrir en salles le 12 janvier 2022.

Quinze ans depuis La Moustache, un retard causé par la pandémie…, il en a mis du temps à nous arriver, ce troisième film d’Emmanuel Carrère. Mais il tombe à pic et a offert à la Quinzaine des réalisateurs une belle entrée en matière pour cette édition 2021. Au moment où la tension qui monte entre vaccinés et antivax nous rappelle qu’il y a toujours deux France prêtes à s’affronter dans tous domaines, Ouistreham raconte une envie de faire un pont entre deux mondes. Dans la vie, c’est la journaliste Florence Aubenas qui quitta momentanément le sien, plutôt intellectuel et parisien, pour s’inscrire à l’agence Pôle emploi de Caen, où elle trouva un boulot dans l’équipe de nettoyage des ferrys, comme elle l’a raconté dans son livre, Le Quai de Ouistreham. À l’écran, c’est Juliette Binoche qui campe Marianne, une écrivaine déterminée à dire ce qu’est la vraie vie des travailleurs précaires, et à vivre cette vie, temporairement.

L’envie d’aller vers les autres et de découvrir leur histoire, Emmanuel Carrère l’a lui-même en tant qu’écrivain. D’autres vies que la mienne l’a montré. Ouistreham lui permet, en tant que cinéaste, de reprendre ce désir d’ouverture et de montrer combien il est important, fructueux. Dans les pas d’une Binoche sans fard, son film trouve tout naturellement une voie documentaire pour entrer dans des existences qu’on ne peut connaître qu’en les partageant. On y trouve alors une place dans un cercle de solidarité qui marche à l’amitié et permet de faire face aux difficultés matérielles sans avoir à crier misère. Cette union, Emmanuel Carrère nous y donne une place à nous aussi, spectateurs, et on en est vivement émus. Ces vies qui ne sont pas les nôtres, on les rejoint. Sur le parking du bowling, on finit la soirée avec Marianne et ses collègues de travail qui boivent un cocktail fait maison, parce que cette sortie a déjà coûté assez cher. Et quand Marianne reçoit de la jeune mère de famille Christelle, qui est devenue une amie, un collier avec un trèfle porte-bonheur, on a le sentiment, comme elle, que c’est un cadeau immense. Le film en est un.

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