Centrale du Larivot en Guyane : victoire historique, les travaux sont suspendus

Une décision environnementale historique en Guyane

L’enquête publique, qui s’est déroulée au plus fort de l’épidémie de Covid-19 en Guyane, au mois de juin 2020, avait abouti à un avis défavorable du commissaire enquêteur sur le projet, ce qui a permis aux associations de déposer ce recours en référé. La décision du juge administratif est ici historique, car elle retient l’importance des engagements climatiques de la France. En effet, comme l’a rappelé le Conseil d’Etat le 1er juillet dernier[1], la France doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% à horizon 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050. De ce point de vue, autoriser la construction d’une centrale au fioul qui fonctionnerait pendant 25 ans aurait été contraire aux engagements climatiques de la France.

Cette décision est aussi historique pour la Guyane, car elle porte sur une question centrale pour l’avenir énergétique du territoire, ainsi que pour les associations requérantes. C’est en effet le premier référé gagné pour Guyane Nature Environnement et le premier succès en référé face à EDF pour France Nature Environnement.

Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement, souligne justement : « Il n’y a plus de centrale au fioul en projet dans l’Hexagone, alors pourquoi en Guyane ? Et invoquer qu’elle utiliserait finalement de la biomasse n’était ni prouvé selon le juge ni viable pour la Guyane ». En effet, la Guyane ne dispose pas de la surface agricole nécessaire pour produire du carburant.

Un site à préserver

La loi Littoral dispose que les aménagements ne peuvent être réalisés que lorsque le secteur visé est déjà occupé par une urbanisation diffuse, ce qui n’est pas le cas pour la zone du Larivot. La parcelle sur laquelle la centrale était actuellement en cours de construction, une zone humide et inondable, devait être préservée en tant que milieu naturel. Il n’était donc pas question d’y installer une telle activité industrielle.

Pour Anne Roques, juriste de France Nature Environnement : « L’exécution de l’autorisation environnementale et les travaux sont donc suspendus jusqu’à ce qu’il soit statué au fond, soit dans plusieurs mois. Le juge administratif n’a pas été dupe du discours d’EDF injustement validé par la préfecture de Guyane, puis par le ministère de l’Ecologie ».

Plus d’informations

Crédit photo : Michel Candel 2009

[1] Conseil d’Etat, Commune de Grande-Synthe, 1er juillet 2021 : Le Conseil d’Etat enjoint à l’Etat de renforcer ses mesures climatiques  sous 9 mois pour tenter d’atteindre les objectifs nationaux de réduction de gaz à effet de serre.

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