mardi, août 9, 2022

ça fait vroum sur la Croisette

LUNDI 12 JUILLET – La mégaproduction “Fast & Furious 9” fera beaucoup de bruit sur la plage, deux jours avant sa sortie dans les salles françaises, tout comme le tonitruant JoeyStarr malmène les journalistes qui l’interviewent. Pour couronner le tout, l’actrice Jodie Turner-Smith s’est fait voler ses bijoux… Petites nouvelles et grands bruits de Croisette.

Ce soir, la Croisette fait péter les cylindrées. Annoncé au dernier moment – après un teasing d’un mois sur la présence d’un « blockbuster planétaire » –, Fast & Furious 9 (FF9 pour les intimes) sera donc projeté au festival de Cannes deux jours avant sa sortie française. OK, ce ne sera pas dans le Palais des festivals, mais à côté, sur la plage, en plein air : ce n’en est pas moins une séance officielle. Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, pour un festival capable de donner la Palme d’or à un film turc de plus de trois heures, Cannes aime bien accueillir régulièrement les mégaproductions américaines. On se souvient de Da Vinci Code, en 2006, et de sa pyramide géante érigée près du port pour la fête de lancement, ou de The Expendables 3 et de sa brochette de gros musclés (Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Harrison Ford, Jason Statham, Antonio Banderas, Mel Gibson) qui avaient fait en 2014 le show à bord d’un char d’assaut.

Cette année, il ne faudra pas trop compter sur un happening (hormis la présence, aux abords de l’écran géant de la plage, de deux voitures non identifiées, car encore protégées par une housse lors de notre déambulation sur les lieux), aucun membre de l’équipe du film ne faisant le déplacement. N’empêche que les esprits les plus chagrins ne pourront s’empêcher de penser qu’il y a comme un paradoxe à faire la promo d’un film de grosses bagnoles ultrapolluantes (la Dodge Charger de Vin Diesel est équipée d’un moteur Hellcat V8, qui consomme tranquillement plus de 17 litres pour 100 km en ville) alors qu’hier plusieurs réalisateurs et réalisatrices tenaient une conférence de presse sur « Le cinéma pour le climat »… – Thomas Bécard

Vin Diesel et le rendez-vous manqué de Cannes
En 1994, n’arrivant pas encore à percer en tant qu’acteur professionnel (il gagne sa vie comme videur), Vin Diesel réalise un court métrage de vingt minutes, Multi-Facial, dans lequel il se met en scène, et qui est accepté dans une sélection du festival de Cannes l’année suivante — à noter qu’aucun des nombreux journalistes qui racontent cette histoire ne précise de quelle sélection il s’agit : le film ne figure en tout cas pas dans la liste des courts métrages concourant pour la Palme d’or]. Excité à l’idée de se rendre pour la première fois en Europe, Diesel se rend sur place avec son producteur. « Notre objectif était d’arriver à lever un million de dollars pour tourner un premier long métrage », racontera celui-ci à Nancy Krulik dans la bio Vin Diesel : Fueled for Success. Las, si le film obtint apparemment des critiques « phénoménales », le duo revint sans un sou de plus à Los Angeles et devra batailler pour financer lui-même le film en question. Finalement, deux ans plus tard, Spielberg verra Multi-Facial et donnera un rôle à l’acteur pour Il faut sauver le soldat Ryan, ce qui fera enfin décoller sa carrière.

C’est dit

« Il est vraiment bien, le Benchetrit. Pour une fois, au cinéma, je n’ai dormi que trois minutes. »
JoeyStarr, en roue libre dans une interview pour Le Monde, et parlant de Cette musique ne joue pour personne, de Samuel Benchetrit (séance spéciale), dans lequel il joue.

En bref

► Comme en 2018, à l’occasion de la sélection de Leto, le fauteuil de Kirill Serebrennikov est resté vide lors de la projection officielle de La Fièvre de Petrov (le réalisateur est assigné à résidence et interdit de sortie du territoire russe depuis quatre ans). Mais Thierry Frémaux l’a appelé en visio à la fin du film pourqu’il assiste en direct à l’ovation (plutôt timide) du public.

► Forcément, l’étalage de luxe sur le tapis rouge attire les convoitises : l’actrice Jodie Turner-Smith (venue pour After Yang, un film de SF avec également Colin Farrel, présenté à Un certain regard), s’est fait voler ses bijoux dans sa chambre d’hôtel pendant qu’elle prenait son petit-déjeuner. On se souvient qu’en 2013 trois professionnels avaient dérobé pour 500 000 euros de joaillerie Chopard (ils avaient été condamnés à des peines entre sept et quatorze ans de prison), avec une technique imparable : ils avaient loué la chambre voisine de la directrice de la marque, fracturé la porte de communication et descellé le coffre.

L’entretien vidéo Les films

La Fièvre de Petrov, de Kirill Serebrennikov (compétition) : la maladie de Petrov ne l’empêche pas de se lancer, avec son ami, dans une déconcertante virée alcoolisée. Dans cette pérégrination jusqu’aux confins de l’irréel, où fantasme, noirceur et joie se confondent, le réalisateur russe joue une partition parfaitement bien milimétrée.

Tre piani, de Nanni Moretti (compétition) : vingt ans exactement après sa Palme d’or pour La Chambre du fils, le cinéaste italien suit, sur trois époques, plusieurs habitants d’un immeuble romain, témoins éprouvés d’un même drame inaugural. Et offre, après Mia madre, un nouveau rôle bouleversant à la grande Margherita Buy.

Bergman Island, de Mia Hansen-Løve (compétition) : sur l’île de Fårö, en Suède, les récits croisés de deux couples, l’un de chair, l’autre de fiction. Une subtile et orageuse réflexion sur l’amour, où plane l’ombre d’Ingmar Bergman.

De son vivant, d’Emmanuelle Bercot (hors compétition) : malgré des séquences bouleversantes et l’interprétation stupéfiante de Benoît Magimel, qui interprète un malade en fin de vie accompagné par sa mère (Catherine Deneuve), le film d’Emmanuelle Bercot nous perd, sans parvenir à vraiment cerner son sujet.

Le récap des notes : le tableau des films de la compétition qui permet de voir d’un coup d’œil nos avis critiques est à découvrir ici.

Le portrait signé Jérôme Bonnet

Virginie Efira, à l’affiche de Benedetta, de Paul Verhoeven (compétition)

Jérôme Bonnet pour Télérama

Les montées des marches

Déjà passé : La Fièvre de Petrov (compétition), de Kirill Serebrennikov
À suivre en direct sur la télé du festival :
18 h 30 : The French Dispatch, de Wes Anderson
21 h 45 : BAC Nord, de Cédric Jimenez

Articles récents

Articles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Restez à l'affût - Recevez les nouvelles quotidiennes dans votre boîte de réception.