vendredi, août 19, 2022

Benoît Magimel, à l’affiche de “De son vivant”, hors compétition

La 74e édition du Festival de Cannes se déroulera du 6 au 17 juillet. En attendant la première montée des marches, présentation des films et des personnalités qui feront l’événement sur la Croisette. Aujourd’hui : gros plan en sept séquences sur Benoît Magimel, de retour chez Emmanuelle Bercot.

Nom: Benoît Magimel
Âge : 47 ans
Nationalité: Française
Nombre de sélections à Cannes : Trois en compétition, avec Les Voleurs, d’André Téchiné, en 1996, Selon Charlie, de Nicole Garcia, en 2006, et, surtout, La Pianiste, de Michael Haneke, qui lui a valu le prix d’interprétation masculine en 2001, à l’âge de 27 ans. Lors de la dernière édition du Festival, en 2019 donc, il enflammait aussi la Quinzaine des réalisateurs avec une de ses prestations les plus délicates dans Une fille facile, de Rebecca Zlotowski.

Son millésime 2021 à Cannes

Benoît Magimel est à l’affiche de De son vivant, d’Emmanuelle Bercot. La réalisatrice offrit déjà une rédemption à cet acteur volontiers soumis à ses démons grâce à La Tête haute (2015) pour lequel il empocha le César du meilleur second rôle masculin. Après La Fille de Brest (2016), leur troisième collaboration, présentée hors compétition, s’annonce comme un mélo assumé : Magimel joue un homme en phase terminale de cancer, accompagné jusqu’au bout par sa mère, incarnée par Catherine Deneuve. Grande curiosité autour de ce film dont le tournage fut interrompu huit mois, le temps que l’actrice, frappée par un accident vasculaire cérébral, se remette. Si De son vivant est attendu comme le grand retour, en pleine forme, de la star Deneuve sur la Croisette, il pourrait aussi (et surtout ?) être une nouvelle confirmation du grand charisme dramatique de Magimel.

Benoît Magimel et le docteur Gabriel Sara dans son propre rôle, dans De son vivant, d’Emmanuelle Bercot (2021).

2020 – Laurent CHAMPOUSSIN – LES FILMS DU KIOSQUE

Ses idoles

Des mecs, des vrais, à l’ancienne, ces colosses français que le jeune Benoît regardait à la télé quand il était jeune : Jean Gabin, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo et, bien sûr, Gérard Depardieu. Ce dernier le fascine, sans doute, comme énorme chair de cinéma, Benoît lui-même ayant une tendance à l’embonpoint. Lors d’une interview, il y a trois ans, au festival d’Angoulême, il nous déclarait en souriant son désir de « devenir gros ». Il y avait là quelque chose d’émouvant : comme si des kilos pouvaient l’aider à faire encore plus le poids dans ce métier.

Son style de jeu

À géométrie variable entre fragilité ombrageuse (Selon Matthieu, de Xavier Beauvois, en 2000, Des vents contraires, de Jalil Lespert, en 2011), froideur énigmatique (le tueur à gages tellement las de Money, de Géla Babluani, en 2017, grand polar noir que personne, hélas, n’a vu) et folie pas douce du tout en tueur hystérique dans La French, de Cédric Jimenez, en 2014, ou en dandy déglingué dans La Fille coupée en deux, de Claude Chabrol, en 2007. Chez cet acteur qui totalise déjà une soixantaine de films après des débuts fracassants, à 13 ans, dans le rôle de Momo dans La vie est un long fleuve tranquille, d’Étienne Chatiliez, c’est le jeu avec la marge qui fascine, la tentation du dérapage, et puis non, et puis si, on ne sait jamais vraiment. Tendresse ou danger ? Les deux, en alternance. Ses plus belles prestations, récentes, reposent sur une volonté de douceur envers et contre l’abîme et la violence : Pierre Rabier, agent français de la Gestapo, amoureux de Marguerite Duras, dans La Douleur, d’Emmanuel Finkiel, en 2018, ou ce père désemparé face à sa fille transgenre dans Lola vers la mer, de Laurent Micheli, en 2019. Cet acteur a des kilos d’émotivité à revendre.

Benoît Magimel dans La Douleur, d’Emmanuel Finkiel (2018).

Prod DB © Les Films du Poisson – Cinefrance – KNM / DR

Sa plus grande réussite

Sa composition, donc, d’un collabo piégé dans sa sale mission par un amour dévorant et qu’il ne peut pas exprimer. Alors, il souffre, surveille, se tait. Ce que fait Benoît Magimel dans La Douleur pourrait être montré dans les écoles d’acteurs. Mais il y a aussi La Tête haute, bien sûr, où, en une seule scène, quand il pleure face à Rod Paradot dans un restaurant chinois, il atteint des sommets d’émotion. Et cet ami de millionnaire dans Une fille facile : un homme qui n’a pas le pouvoir sauf celui de veiller à être élégant et rester philosophe. Son interprétation la plus lumineuse d’un type bien.

Rod Paradot et Benoît Magimel dans La Tête haute, d’Emmanuelle Bercot (2015).

Prod DB © Luc Roux – Les Films du Kiosque / DR

Il lui est reproché

À part ses problèmes d’addiction ? De s’être compromis dans Marseille, la série craignos de Netflix – impossible, sans doute, de résister à jouer les adjoints de Depardieu, mais tout de même… Et de s’être fourvoyé dans le nauséeux Truands, de Frédéric Schoendoerffer, en 2007. Le trop-plein de testostérone ne lui réussit pas forcément. Considérant ses si belles collaborations avec Nicole Garcia, Emmanuelle Bercot et Rebecca Zlotowski, on se permet de lui conseiller ardemment de se faire, de plus en plus, diriger par des réalisatrices. Il n’est jamais aussi talentueux que lorsque des femmes le désarment.

Benoît Magimel dans Truands, de Frédéric Schoendoerffer (2007).

Prod DB © Carcharodon / DR

Il a déclaré un jour

« Je suis retombé récemment sur une vieille interview, je devais avoir 25 ans, et je disais : “Le bel âge pour un homme, c’est 45 ans.” C’est tout à fait ça. Entre 30 et 40, c’est plus difficile, on n’est plus un jeune homme et on n’est pas encore le papa. Avant, j’avais peut-être envie d’entrer dans la peau des personnages. Aujourd’hui, je peux aussi jouer des rôles qui demandent simplement d’être soi, d’incarner avec ce qu’on est. »

Ses prix

Un prix d’interprétation masculine à Cannes pour La Pianiste, de Michael Haneke, et un César du meilleur acteur dans un second rôle dans La Tête haute.

Festival de Cannes, J-11: “Titane”, le nouveau film choc de Julia Ducournau, en compétition Samuel Douhaire 1 minute à lire Festival de Cannes 2021: un jury glamour avec Mélanie Laurent, Tahar Rahim et… Mylène Farmer Festival de Cannes Samuel Douhaire 2 minutes à lire

Articles récents

Articles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Restez à l'affût - Recevez les nouvelles quotidiennes dans votre boîte de réception.