mardi, août 9, 2022

Alcool : jeunes, urbains… et dépendants

Plusieurs récits parus ces derniers mois en témoignent : en France, les jeunes actifs, et notamment des femmes, ont de plus en plus tendance à intégrer l’alcool dans leur quotidien personnel et professionnel… et de plus en plus de mal à s’en passer.

Aucune loi n’oblige à consommer de l’alcool… mais c’est parfois comme si. « Il est inconcevable de ne pas boire dans un boulot comme le mien », confie Matthieu (1), cadre de 30 ans, récemment embauché dans une multinationale du transport. Comme dans tant d’autres entreprises, les apéritifs de fin de journée y sont habituels. Et pour lui, ce sont des moments « critiques et stressants ». Afin d’y expliquer son abstinence, éviter « d’être catalogué comme alcoolique », il ment. Raconte qu’il a dû soigner une douleur au genou avec des traitements qui désormais lui interdisent de boire. C’est à 21 ans, alors qu’il était en école de commerce, qu’il a commencé à développer une consommation excessive – pour compenser les années « très dures » de classe préparatoire, mais aussi parce qu’il s’était retrouvé exclu de la vie festive de son école après une brouille. Deux ans plus tard, Matthieu pouvait boire avec ses amis jusqu’à six pintes (trois litres) de bière en terrasse.

« Je me disais qu’il fallait bien que jeunesse se passe », se souvient ce jeune homme issu d’un milieu aisé. D’ailleurs, longtemps, tout a semblé aller bien : Matthieu décroche un premier poste rémunérateur dans le conseil et emménage à Paris. En réalité, il boit en cachette, contracte des crédits à la consommation, ment pour masquer son ébriété ; après six ans de vie commune, sa compagne le quitte. Début des allers-retours à l’hôpital et des cures de désintoxication. À sa troisième rechute, il perd son travail. Ses amis s’éloignent, il a des pensées suicidaires. D’autant que, faute de place à l’hôpital, son sevrage est prescrit en ambulatoire. Il consomme de l’alcool en même temps que du Valium, destiné à le soigner, dans un mélange qui aurait pu être fatal. « En décembre 2019, je me suis dit que le choix c’était de vivre ou de mourir » : Matthieu s’accroche aux réunions des Alcooliques anonymes, et le confinement du printemps 2020, passé en famille, lui offre une respiration bienvenue. Au total, il aura fait une cinquantaine de passages aux urgences.

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