mardi, août 9, 2022

Adam Driver et Alba Rohrwacher à cœurs perdus

“Hungry Hearts”, de l’Italien Saverio Costanzo, commence comme une comédie burlesque, passe à la romance cool de film indé, puis glisse peu à peu vers le pur film d’horreur, comme un pastiche fascinant de “Rosemary’s Baby”. Le couple Driver/Rohrwacher, primé à Venise, est formidable. A voir sur Amazon Prime Video.

Six minutes dans les toilettes riquiqui d’un restaurant chinois : c’est l’ouverture — tordante — du film. Un plan-séquence où les deux protagonistes, qui ne se connaissent pas, se retrouvent enfermés, pour cause de poignée cassée. Lui, escogriffe à l’air d’éternel étudiant, est malade comme un chien ; elle, fleur gracieuse venue d’ailleurs, se bouche le nez. Gros malaise, situation absurde. Et début pour le moins insolite de leur histoire d’amour. Hungry Hearts commence donc comme une comédie, avant d’enchaîner sur une romance cool, façon ciné indé new-yorkais. Jude et Mina emménagent dans Big Apple, se marient. Les deux ont l’air très amoureux. Ils sont filmés au plus près de leur quotidien, de la cuisine à la salle de bains, ­caméra à l’épaule, comme dans un home movie. Mina tombe enceinte. La situation devient tendue, puis se dégrade après la naissance du bébé : suivant à la lettre des principes new age, la jeune mère ne veut pas sortir son enfant par crainte de la pollution, le nourrit seulement à base d’aliments végétaliens, refuse toute médication…

Dans l’enfer de ce foyer, Hungry Hearts bascule dans le film de terreur psychologique, à la manière du Rosemary’s Baby de Roman Polanski. Autant dire qu’on avance dans un récit plein d’imprévus, de changements de registre. Saverio Costanzo, cinéaste italien qui avait signé La Solitude des nombres premiers, abuse parfois des effets d’anamorphose, surligne un peu trop l’ambiance oppressante. Mais il sait nous tenir en haleine, grâce une direction d’acteurs impeccable. D’elfe sensuel à diablesse illuminée, Alba Rohrwacher est formidable. Adam Driver montre, lui aussi, une gamme étendue de sentiments. Tous deux, de manière diverse, sont attachants. C’est d’ailleurs cette sensation de proximité physique, organique, viscérale même, qui fait le prix de ce film d’angoisse alimentaire. — Jacques Morice

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