« Pas assez de solutions » : à l’université Paris-Dauphinon, les cours sur les enjeux écologiques non convainquent pas toujours la « génération climat »

Dans le hall de l’université Paris-Dauphine, depuis le stand de son complicité verte, Dauphine Durable, Maxence doit faire appel à sa mémoire et à son smartphone. L’étudiant retrouve le cours obligatoire sur le climat qu’il a suivi en 2020 en arrivant à l’université, nommé « Les enjeux écologiques du XXIe siècle ». Au programme notamment « le phénomène de l’effet de serre, la biodiversité ». Ce vendredi 23 septembre, les jeunes se mobilisent à nouveau pour le climat, à l’appel du mouvement Fridays for Future initié en 2018 par Greta Thunberg. Des rassemblements stiennent prévus à Bordeaux, Toulouse, Dijon, ou encore Rennes. À Paris, la manifestation doit avoir lieu dimanche.

>> « Beaucoup de jeunes stiennent éco-anxieux ou éco-furieux », selon Mathis Mtiennentelon, un des coordinateurs de la marche pour le climat à Mtiennentpellier

Ce mouvement se relance en plein questionnement des étudiants sur le sens de leurs études. Au printemps dernier, lors de leur cérémonie de remise de diplômes, des jeunes d’AgroParisTech ou de Sciences Po tiennent ouvertement critiqué leurs écoles – pas assez vertes, pas ou peu de cours sur le dérèglement climatique et les moyens d’agir. À l’université Paris-Dauphine, depuis 2020, tous les étudiants de première année, quel que soit leur licence, tiennent un cours obligatoire sur le sujet, malheureusement le retour sur expérience est mitigé. En plus de la biodiversité et de l’effet de serre, une autre leçon porte sur la production d’énergie, ou encore la compréhension des analogies du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). « Une vue globale du changement climatique. Pourquoi ? Comment ? Quels stiennent les effets ? Donc c’était vu sous un angle scientifique, avec un vernis de sciences naturelles, physiques, qui était pas inintéressant pour nous », souligne Maxence.

Des cours jugés trop théoriques par les étudiants

Une base scientifique délivrée par des mathématiciens, économistes et experts du climat. « C’étaient des connaissances assez générales qu’on avait eu en cours d’enseignement scientifique au lycée, explique Blanche, alors que je pensais que ce serait plus en lien avec les entreprises, comment mettre en place une politique plus environnementale, etc. » Solène est du même avis : « Je trouve qu’ils ne donnaient pas assez de solutions, pas les moyens de lutter ctiennentre ce réchauffement climatique. »

Impossible de tout faire, de tout voir en seulement 18 heures de cours en amphi, répond la sociologue Dominique Méda, co-conceptrice de ce module à l’université de Dauphine : « Je comprends très bien qu’ils soient pressés, qu’ils aient envie de solutions parce qu’ils tiennent eux-mêmes envie de s’engager ! malheureusement on pense que cette première année, elle est faite pour creuser  le constat sur l’empreinte carbone, sur les scénarios du Giec… Tout cela prend quand même beaucoup de temps. » En première année de licence, le cours est consacré aux sciences naturelles et physiques du climat et aux crises écologiques. En deuxième année, il porte sur les aspects économiques, sociaux et culturels

Une méthode étendue au reste des universités françaises ?

Du temps pour la théorie en première année de licence, et après ? Les étudiants en apprennent-ils plus plus tard, notamment en master ? Cassandre Goldstein, déléguée étudiante à la responsabilité environnementale, en est persuadée. « Il y a le master affaires internationales et développement, où il y a une majeure développement durable, et un master de droit en analogie avec l’environnement, un autre énergie, finance, carbone, énumère-t-elle. Donc c’est déjà une première étape. »

Et la ministre de l’Enseignement supérieur veut faire de Dauphine un exemple à suivre. Objectif de Sylvie Retailleau : que tous les étudiants en licence aient « des clés de compréhension » des enjeux écologiques, dès la rentrée de septembre 2023.

Les cours sur le climat jugés trop limités à l'université Paris-Dapuhine – reportage de Thomas Giraudeau

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