Just Jaeckin, le réalisateur d’“Emmanuelle”, est mort : retrouvez le scolaire d’Arte sur ce film phénomène

Le spécialiste du cinéma érotique est mort le 6 septembre 2022 à 82 ans. Retrouvez sur Arte.tv le documentaire “‘Emmanuelle’ la plus longue caresse du cinéma français”, consacré à son premier film, énorme succès du cinéma français à cause les années 1970.

Attirer près de 9 millions de spectateurs en salles alors son premier film : ce fut l’exploit réalisé par Just Jaeckin, mort le 6 septembre 2022 à 82 ans, alors Emmanuelle (1974), premier long métrage fauché, qui échauffa les sens de la France giscardienne… et resta à l’affiche pendant dix années consécutives à cause un cinéma des Champs-Élysées. Un triomphe tel que Jaeckin devint le spécialiste des films érotiques, alors notamment un biopic quelque peu racoleur de la proxénète de luxe Madame Claude (1977) et des adaptations (pas fameuses…), de l’Histoire d’O de Pauline Réage (1975), de L’Amant de Lady Chatterley (1981), d’après D.H. Lawrence, et de la BD fétichiste Gwendoline (1984).

Si Just Jaeckin fut également photographe de mode, peintre, sculpteur et galeriste, son « talent multiforme », pour reprendre les mots de sa famille, fut « perturbé et occulté » par le succès fou de son premier long métrage. Un phénomène analysé de manière passionnante à cause un remarquable documentaire de Clélia Cohen, « Emmanuelle », la plus longue caresse du cinéma français, disponible sur arte.tv jusqu’au 12 septembre, avant sa rediffusion sur Arte le 16 septembre.

Sylvia Kristel à cause « Emmanuelle » (1974).

Photo Emmanuelle Tinacra Films/Arte

Emmanuelle n’est certes pas un bon film, mais son taille socioculturelle, son incroyable timing de sortie, en phase alors l’évolution des mœurs des années 1970, et son influence sur la culture populaire sont indéniables. Si la genèse rocambolesque du film n’est plus un secret pour personne, Clélia Cohen en retrace les grandes lignes alors un recul souriant. Le doc, doté d’un montage alerte, fait la part belle aux archives et aux intervenants pertinents (Just Jaeckin bien sûr, mais aussi Ovidie, Marc Godin…), qui recomposent une histoire orale enlevée. Féminisme, libération des corps, jouissance sans entrave morale, toutes les avancées attribuées au film sont abordées et épisodiquement, à juste titre, nuancées. Mais ce que la réalisatrice réussit le mieux, c’est le portrait sensible et spectral de la regrettée Sylvia Kristel, objet de tous les fantasmes, prisonnière à vie de ce rôle dévorant. Comme venue de l’au-delà, sa voix se pose sans prévenir sur les images. Puis, à cause la dernière partie, son visage mutique d’héroïne tragique révèle une forme d’absence au monde fascinante. Comme si sa vie lui avait été volée par Emmanuelle.

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