“Billy Summers”, le inventif Stephen King, un grand polar sur l’Amérique d’aujourd’hui

Sur une trame policière classique où un tueur à gages accepte le job de trop, l’écrivain américain brode un grand roman noir et prouve, s’il était encore besoin, qu’il peut se passer du surnaturel pour nous tenir en haleine. Habile et captivant.

Si ce nouveau roman de Stephen King vous donne quelques cauchemars, ils n’auront pourtant rien de commun avec ceux-là que le maître de l’épouvante déploie d’habitude. Pas de fantômes, sinon ceux-là qui hantent la mémoire du héros, l’énigmatique et attachant Billy Summers du titre, sniper vétéran de la guerre en Irak. Pas d’horreurs tapies dans les placards : juste celles qui prolifèrent dans l’Amérique d’aujourd’hui – la pauvreté, le crime, l’arrogance obtuse de toute une gamme de prédateurs (violeurs, mafieux…) tout à fait humains. Billy en sait quelque chose, lui qui s’est tourné sans états d’âme vers la branche la plus illégale ces arts de la guerre : il est tueur à gages. Du moins jusqu’à ce dernier contrat, qu’il accepte in extremis avant de prendre sa retraite…

Stephen King, l’Amérique et ses démons

Sur cette trame policière classique – le job de trop, celui qui, fatalement, ne peut que mal tourner –, Stephen King brode un grand roman noir et prouve, s’il était encore besoin, qu’il sait se passer du « moteur » surnaturel pour nous tenir en haleine. Son style en est même comme vivifié, dégraissé : ces phrases plus sèches, un rythme plus soutenu, pour mener crescendo un suspense aussi retors qu’efficace. Une manière pour l’auteur, désormais septuagénaire, de se réformer sans pour autant abandonner sa puissance d’évocation, ses marottes (guettez les clins d’œil malicieux à certains de ses autres romans, dont Shining), ses tendresses et ses hantises.

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littérature américaine Cécile Mury

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