Un nouveau centre commercial près de la gare d’Austerlitz : était-ce bien nécessaire ?

Des bureaux, des logements, un hôtel, des magasins… À Paris, entre la gare d’Austerlitz et la Pitié-Salpêtrière, un vaste projet d’urbanisme doit voir le jour, malgré son anachronisme environnemental. Des associations de riverains s’insurgent.

L’ennui avec les projets d’urbanisme, c’est qu’ils mettent des décennies à sortir de terre. Et comme le dérèglement climatique, les questions environnementales et les aspirations à une vie meilleure prennent de plus en plus de place dans les préoccupations des habitants des villes, les visions grandioses d’il y a dix ou vingt ans tombent souvent à côté. À l’instar de l’absurde tour Triangle, à Paris, immense part de brie dressée pointe en l’air à la porte de Versailles, pensée à la fin des années 2000 : plus personne ne veut aujourd’hui, mais les travaux ont quand même démarré en février dernier « car le permis de construire a été purgé de tous ses recours », dixit Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo. En sera-t-il de même pour l’opération de « Modernisation du quartier de la gare d’Austerlitz », dont le chantier est stoppé dans l’attente du résultat d’un ultime recours devant le conseil d’État déposé par des associations de riverains ?

De quoi s’agit-il ? Aujourd’hui, boulevard de l’Hôpital, dans le 13e arrondissement, entre la gare d’Austerlitz et l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, derrière des panneaux avec de jolis dessins vantant le radieux futur en projet, se cache un terrain à nu, décapé après la démolition de bâtiments de bric et de broc de la SNCF — qui auraient pourtant pu être réhabilités. Sur ce vaste quadrilatère de près de 3 hectares devrait donc bientôt pousser une barre d’immeuble de 300 mètres de long et 37 mètres de haut (soit dix étages), étrangement nommée A7A8, comme un robot échappé du premier Star Wars. Au programme : 50 000 mètres carrés de bureaux, 129 logements, une résidence étudiante, un hôtel 4 étoiles de 210 chambres, 20 000 mètres carrés de commerces, « des espaces de coworking, un bar en rooftop avec piscine, 8 000 mètres carrés de végétalisation dont 555 mètres carrés environ en pleine terre », à en croire le dossier de présentation qui promet encore : « une terrasse agricole événementielle, un jardin partagé, une terrasse de cueillette spontanée ». Dans ce cas…

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