Les premiers albums de MC Solaar enfin réédités

L’HUMEUR DU JOUR – Après deux décennies d’imbroglio juridique, “Qui sème le vent récolte le tempo”, devenu introuvable, ressort ce vendredi. “Prose combat” et “Paradisiaque” suivront. On n’y croyait plus.

Dans son communiqué, la maison de disque évoque « un conflit et son happy end »… Après vingt ans d’imbroglio juridique, voici une nouvelle que les amateurs de musique n’espéraient plus. Polydor (label d’Universal) et Claude M’Barali, alias MC Solaar, 52 ans, ayant trouvé un terrain d’entente, les trois premiers albums du rappeur, Qui sème le vent récolte le tempo (1991), Prose combat (1994) et Paradisiaque (1997), sont enfin réédités — à partir de ce 9 juillet pour la première sortie, en août et septembre pour les suivantes. Car même en étant prêt à casser sa tirelire chez les disquaires d’occasion, cela faisait bien longtemps que les chercher en version vinyle ou CD s’apparentait à la quête du graal. D’autant que les enregistrements demeuraient indisponibles sur les plateformes de streaming…

Ces rééditions font davantage que nous plonger dans un bain de nostalgie. Elles font ressurgir un morceau d’histoire. Dès la publication de son premier album, l’ancien étudiant en philosophie à la fac de Jussieu est couronné d’un succès phénoménal. Mais surtout, il imprime ce message dans les têtes : le rap français peut être autre chose qu’une simple imitation du rap américain.

Abonné MC Solaar : “Parler de ‘kalach’ en roulant des mécaniques, ça n’a jamais été mon truc” Musiques Laurent Rigoulet

Au micro, le tchatcheur au débit flegmatique impressionne par son écriture souple et ciselée, faite d’allitérations rigolotes et d’images poétiques, souvent trouvées en feuilletant le dictionnaire Robert : « Le paramètre est paranormal, que dire ? Que dalle ! / Claude MC s’installe, ancré dans les annales » (sur le morceau titre Qui sème le vent récolte le tempo). Il est bon de rappeler aussi que le discret Solaar, aussitôt bombardé « parrain gentil du rap » quand les autres rimeurs des quartiers populaires font encore peur, était alors bien épaulé par des complices producteurs : DJ Jimmy Jay, Hubert « Boombass » Blanc-Francard et Philippe « Zdar » Cerboneschi (1967-2019). Bien avant les Daft Punk, ces deux derniers se feront une réputation dans l’électro sous leurs alias de La Funk Mob et de Cassius. Mais ceci est une autre histoire. À moins que l’on considère que Solaar en est aussi la source…

Mc Solaar en 1997.

Philippe Bordas

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