le polar, c’est encore mieux à huis-clos

Un commissariat, un inspecteur (Lino Ventura), un accusé (Michel Serrault). À la baguette : Claude Miller, pour un polar brillant, original, intemporel.

Notre critique de “Garde à vue”

Une comptine enfantine coule tristement d’un orgue de Barbarie. Il pleut des cordes sur les vitres du commissariat-bocal. Les néons sont fatigués. L’air est saturé dans ce vase clos où s’affrontent maître Martinaud, notaire, gros poisson visqueux et fuyant, et l’inspecteur Gallien, pêcheur obstiné. Deux petites filles ont été tuées et violées. Gallien veut juste le coupable. Martinaud, tour à tour arrogant et pitoyable, jongle avec les alibis et se confie. Son mariage noyé, sa femme qui le hait et, entre eux, « un couloir de 15 mètres, un désert de 15 mètres ». Des années de frustration sexuelle rendent-elles criminel ?

Chaque cadrage de Miller, chaque mot d’Audiard tombe comme des couperets, et l’éventuelle culpabilité de Martinaud, homme asphyxié par trop d’attente stérile, devient secondaire. Il est déjà mort, le notaire. Condamné, dix ans auparavant, par un amour interdit pour un petit ange en chemise de nuit de Noël. Alors, en cette nuit poisseuse de Saint-Sylvestre, il n’y a plus que Gallien qui compte. Gallien, roc de neutralité, thérapeute de hasard, qui l’écoute se mettre à nu.

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