Festival Chalon dans la rue, “une manifestation qui montre ses limites dans le contexte actuel” ?

Spectacles annulés pour cause de Covid ou d’intempéries, pour son édition 2021 si particulière, le grand festival des arts de la rue aura joué de malchance.

Pina Wood, abrasive poétesse sonore attendue dans la sélection officielle : annulée pour cause de Covid… Les Colosses, sculpture monumentale imaginée pour les piles du pont Saint-Laurent : annulée à quelques jours du début des festivités pour cause de crue de la Saône… Les danseuses d’Asphalt Piloten, ainsi que toutes les propositions artistiques programmées samedi 24 juillet entre 13 heures et 18 heures : annulées pour cause d’intempéries… Pour son édition 2021 si particulière, si malmenée, Chalon dans la rue aura joué de malchance.

Festival et festivaliers s’étaient pourtant pliés aux directives parfois contradictoires et étaient parvenus à tenir le cap jusqu’au brusque coup d’accélérateur du 12 juillet : interdiction des chapiteaux ; location de chaises en nombre incalculable pour des spectacles qui devaient se tenir obligatoirement assis, et qui finalement ont été autorisés debout ; pass festival pour tous, avec mise à disposition de tests à deux points d’entrée de la ville ; spectacles à jauge réduite, systématiquement encadrés par des barrières… Comme le laissent entendre avec amertume les deux directeurs du festival, dans un énième erratum à leur éditorial, ne faut-il pas voir là le « symbole d’une manifestation qui montre ses limites dans le contexte actuel ? »

Une sensibilité nouvelle, plus intime

Dans ce contexte, les spectacles vus dimanche matin – Petits Papillons, duo tendre et familial, sur l’apprentissage de parents face à un enfant handicapé (compagnie Solsikke) et Rapprochons-nous, de la Mondiale générale, tout en chuchotements et improbables équilibres – semblaient donner le ton d’une sensibilité nouvelle, plus réduite, et finalement d’une grande douceur.

Rapprochons-nous, performance dans la cour du musée Niépce.

Festival Chalon Dans La Rue

Chalon dans la rue fait le pari de l’innovation Festivals Mathieu Braunstein

À noter que cette dernière performance, diffusée à l’aide d’une vingtaine de transistors disséminés dans le public, se tenait dans la cour du très beau musée Niépce, où l’exposition du collectif Tendance floue, « Azimut », ne parle que de ça, d’intimité, de subjectivité, de focale réduite… Cette exposition, qui retrace une traversée discontinue de la France par une trentaine de photographes amis ou associés, se tient à Chalon jusqu’au 19 septembre.

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